Entreprendre dans le métier d’artiste, c’est avant tout prendre entre les mains pour matérialiser une intention. Je me rêvais dans un atelier devant un tableau, peignant et dessinant sans relâche. C’est ce que je fais là déjà avec mes pinceaux quand je suis en face au chevalet. Dans mon atelier, j’ai appris comment mon esprit, mon idée et mon inspiration me guident.
J’aime rester dans mon atelier de peinture pour célébrer mes souvenirs et chanter les louanges de la nature, pour figurer mes rêves ou les évènements importants de ma vie. C’est là que j’ai commencé à peindre et à ne pas cesser.
Dans mon atelier de peinture, il me faut du temps bien des heures de solitude pour chuchoter mes blessures et mes traumatismes. J’ai simplement besoin de vivre, de faire partie d’un processus comme une nécessité pour s’inspirer et expirer, pour partager, accumuler et emmagasiner des émotions, exprimer désormais mon art comme on respire enfin après avoir beaucoup trop porté. Je crée une espèce de sympathie entre le tableau et moi. C’est en somme un mariage sentimental entre deux personnes, deux esprits.
Je suis artiste peintre, j’habite mon intérieur en le rendant plus vivant par l’expression plastique qui est un domaine qui ne connait pas de frontière, elle est semblable à un paysage tout à la fois soigné et primitif.
Je suis artiste peintre, je suis l’interprète des secrets de l’âme sans le vouloir.
J’imagine parler du fond de moi-même. Je m’exprime ma vision d’un monde singulier qui laisse toute sa place à la rêverie, la poésie et l’insouciance.
En jouant, je peins des choses qui sont des mémoires que l’on s’écrit soi-même. C’est la peinture qui me sert d’yeux. Quand je peins, j’ai l’impression que je commence à voir seulement les choses dans une lumière toute nouvelle, c’est une façon de réfléchir.